Parce que vous êtres nombreux à nous adresser des questions, voici les réponses que notre collectif peut vous apporter et ainsi conforter votre choix de voter pour nos listes lors des élections professionnelles à venir.

En quoi proposez vous une démarche originale et comment voulez-vous agir ?

Nous souhaitons jouer un rôle actif dans les conseils centraux afin qu’ils ne soient pas de simples chambres d’enregistrement mais des lieux de débat où l’on contribue à orienter les choix de l’université. Pour que nos élus puissent jouer ce rôle, nous travaillerons de façon ouverte et participative afin d’élaborer, avec tous les personnels qui le souhaiteront, des propositions concrètes sur les grands enjeux qui concernent notre communauté et nos missions.

Comment allez-vous sélectionner les thèmes sur lesquels vous souhaitez être force de proposition ?

Nous souhaitons concentrer nos réflexions et nos propositions sur des thèmes qui touchent largement la communauté universitaire et travailler là où nous pouvons être une force de proposition à la fois créative et réaliste : imaginer des solutions nouvelles, mais toujours ancrées dans les contraintes et les besoins concrets.

Comment proposez-vous d’associer la communauté à la définition des orientations et aux prises de décisions ?

Nous sommes très favorables aux démarches de démocratie participative inspirées des conventions citoyennes. Les objectifs de l’établissement dans différents domaines devraient s’appuyer sur des avis produits à travers ce type de démarche ou toute autre forme impliquant la communauté.

Pouvez-vous donner des exemples de tels thèmes en expliquant en quoi ils sont prioritaires ?

Voici quelques exemples qui constituent des priorités à nos yeux, en sachant que cette liste issue de nos premiers échanges de campagne sera enrichie dans les prochains jours.

Quête de Performance : impacts sur nos missions de service public et sur la qualité de vie au travail

La question de la performance concerne une grande partie de la communauté universitaire car elle traverse toutes nos missions : recherche, formation, gestion, accompagnement, pilotage. Les injonctions à produire toujours plus – plus vite, avec des moyens souvent contraints – génèrent une pression ressentie par toutes et tous.

Cet enjeu est central pour un établissement public : il interroge directement notre capacité à remplir nos missions avec sens, équité et responsabilité. Une recherche ou un enseignement soumis exclusivement à une logique de rendement perd son sens, fragilise les équipes et détériore la qualité de vie au travail.

Il ne s’agit pas de refuser l’idée de performance, mais de la repenser. Les approches actuelles, ont certes contribué à structurer une culture de l’évaluation, mais elles réduisent souvent la valeur du travail à ce qui est mesurable, au détriment de dimensions essentielles : intégrité scientifique, impact social, inclusion, soutenabilité des charges de travail, qualité du dialogue interne.

À l’inverse, une conception plus large et plus pertinente de la performance est aujourd’hui portée par la responsabilité sociétale des universités (RSU). Elle invite à intégrer dans l’évaluation les contributions sociales, environnementales, démocratiques et humaines de l’université. Elle valorise la diversité réelle des missions et reconnaît les étudiants et les personnels comme des parties prenantes à part entière.

La question est donc de définir ce qui compte vraiment pour une université publique : replacer les missions au cœur de l’action, garantir la soutenabilité des activités, reconnaître la pluralité des contributions (scientifiques, pédagogiques, administratives, collectives), et proposer des critères d’évaluation qui ne soient pas uniformisés ni déconnectés des réalités du terrain.

C’est ce débat que nous souhaitons ouvrir : celui d’une performance utile, juste, partagée et alignée avec les valeurs et les responsabilités d’un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Pédagogie universitaire, santé mentale et bien-être étudiant

La relation entre pédagogie et santé mentale des étudiants concerne l’ensemble des composantes de formation ainsi que les services d’appui, car elle touche directement nos missions fondamentales : accueillir, former et accompagner vers la réussite.

Le malaise étudiant, documenté localement comme nationalement, constitue un enjeu majeur pour l’université : anxiété et éco-anxiété, surcharge, isolement, difficultés financières pour assurer les besoins vitaux liés au logement et à l’alimentation, ou encore problèmes d’orientation affectent la capacité des étudiants à apprendre et à s’engager dans leurs études. Une pédagogie plus inclusive, plus réflexive et mieux articulée à l’accompagnement étudiant peut contribuer à réduire ce malaise et à améliorer durablement les conditions d’étude.

Pour les personnels, il s’agit également d’un enjeu de cohérence institutionnelle : on ne peut constater la détresse étudiante sans interroger les modalités pédagogiques, l’évaluation, le rythme des semestres ou les dispositifs de soutien. Ce thème permet d’engager largement la communauté — enseignants, responsables pédagogiques, BIATSS, services de santé, associations étudiantes — dans une démarche concrète au service du bien-être et de la réussite.

Réfléchir et agir collectivement pour une transition ambitieuse et juste

L’empreinte environnementale d’une université engage l’ensemble de sa communauté, car elle concerne l’utilisation des surfaces, l’artificialisation des sols, la performance des bâtiments, les déplacements, les achats, le numérique, les pratiques de recherche et d’enseignement. Chacun contribue à cette empreinte, volontairement ou non, et chacun peut donc participer à sa réduction.

Cette mobilisation individuelle et collective entraîne souvent un questionnement quant à la façon de mener nos activités professionnelles. Elle a donc une incidence sociétale pour l’ensemble des personnels, c’est pourquoi une mobilisation collective est indispensable. Elle répond à un double enjeu :

  • Pour l’établissement, il s’agit, grâce à l’engagement de sa communauté, d’agir avec détermination en faveur des transitions pour être à la hauteur des enjeux et donner l’exemple attendu d’une institution publique.
  • Pour les personnels et les étudiants, il s’agit de coconstruire une trajectoire crédible, juste et compréhensible, qui tienne compte des contraintes réelles, en accompagnant la communauté pour lever les inévitables résistances à des changements parfois profonds et complexes.

Une forte ambition dans ce domaine n’est possible que si elle est pensée dans sa complexité et portée collectivement. Elle doit reposer sur une répartition équitable des efforts pour être légitime et durable. Associer largement la communauté permettra de construire des solutions pragmatiques adaptées aux réalités du terrain. L’engagement collectif encouragera la gouvernance à adopter des choix ambitieux. Il garantira que la transition ne se fera pas au détriment de certains personnels ou services plus exposés.

Fluidifier la mobilité professionnelle interne

La mobilité interne concerne directement une proportion importante des personnels BIATSS mais aussi, de manière croissante, des enseignants-chercheurs qui souhaitent diversifier leurs missions ou changer d’affectation de recherche. Pour beaucoup, elle représente un levier essentiel de développement professionnel, d’évolution de carrière et de qualité de vie au travail.

Aujourd’hui, les mécanismes de la mobilité sont bloqués par différents facteurs : complexité et manque de lisibilité des procédures ; rigidité des fiches de poste ; contraintes opérationnelles des services qui fonctionnent en flux tendu ; déficit de valorisation de la mobilité dans les parcours, etc. Cette situation entraîne démotivation, sentiment d’impasse professionnelle et, au final, une perte de compétences et d’engagement pour l’établissement.

Fluidifier la mobilité est donc un enjeu stratégique : cela permettrait de mieux utiliser les talents, de favoriser les trajectoires choisies, d’adapter les services aux évolutions des missions et de renforcer l’attractivité de l’université. C’est aussi une question de justice et de reconnaissance pour les collègues qui souhaitent évoluer sans être contraints de quitter l’établissement.

Penser collectivement l'innovation responsable

Les innovations concernent l’ensemble de la communauté universitaire, qu’il s’agisse de celles qui, comme l’IA générative, transforment nos métiers, ou de celles auxquelles participe l’établissement en lien avec ses activités de recherche. Or, si ces innovations peuvent produire des transformations utiles, elles soulèvent aussi des risques en termes d’éthique ou d’impacts environnementaux et sociaux non anticipés.

Cet enjeu est donc crucial pour une université publique : il interroge notre responsabilité vis-à-vis des techniques que nous contribuons à créer ou à diffuser. Les choix en matière d’innovation ne peuvent pas reposer uniquement sur des logiques d’opportunités économiques, de compétitivité ou de productivité. Ils doivent intégrer des critères de soutenabilité, d’éthique, d’inclusion, d’équité et de respect des valeurs du service public.

Associer largement la communauté permettrait de mettre en débat les orientations technologiques, d’éclairer les arbitrages et de rendre visibles les tensions entre bénéfices attendus et impacts potentiels. C’est aussi une façon de reconnaître la pluralité des expertises présentes dans l’établissement et de développer une culture commune de vigilance et de responsabilité.

Nous voulons ouvrir ce débat collectif, inspiré par la pensée de Jacques Ellul, afin de promouvoir une innovation utile, socialement responsable et alignée avec les missions et valeurs fondamentales de l’université.

Relations entre l'université et son territoire : impact, responsabilités, coopérations

Les relations entre l’université et son territoire traversent nos activités quotidiennes : formation, recherche, innovation, culture scientifique, vie étudiante, partenariats avec les collectivités et les acteurs socio-économiques. Une université est un acteur majeur du développement territorial : elle forme les futurs professionnels, contribue à la vitalité économique, influence les politiques publiques et participe à la cohésion sociale.

Cet enjeu est particulièrement important dans un contexte où les attentes de la société vis-à-vis des établissements publics d’enseignement supérieur s’intensifient : attente de solutions aux enjeux globaux, de réponses aux besoins en compétences, de participation au débat public. Comprendre l’impact territorial de l’université implique de penser nos missions dans une perspective plus large : comment nos choix institutionnels façonnent-ils le territoire ? Quelles relations construire avec les collectivités, les associations, les entreprises, les citoyens ?

Associer la communauté à cette réflexion permettrait d’identifier ce que l’université apporte réellement au territoire, mais aussi ce qu’elle pourrait faire autrement ou mieux. Cela revient à interroger nos priorités, la soutenabilité de nos partenariats, la circulation des savoirs, la place de la science dans l’espace public et la façon dont les étudiants et personnels vivent le territoire.

Nous souhaitons une université pleinement actrice de son environnement, consciente de ses impacts, engagée dans son territoire et fidèle à ses missions de service public.

Pour ou contre l’utilisation de l’IA générative ?

Nous ne sommes pas hostiles à l’utilisation de l’IA générative, à condition que son usage soit régulé pour prendre en compte ses impacts environnementaux et sociaux. Comme pour toute innovation, son emploi doit être justifié par une contribution réelle à la qualité de la recherche, de l’enseignement ou du service rendu. Nous sommes opposés aux usages « gadgets » ou trop énergivores au regard des bénéfices obtenus.

Au-delà de ses impacts environnementaux, l’IA générative comporte des risques : dépendance technologique et perte de compétence, opacité des modèles, biais des production, atteinte à l’intégrité scientifique, pression accrue sur la productivité des personnels, atteintes potentielles à la vie privée. Notre position est donc de promouvoir une sensibilisation et une réflexion collective sur ces usages, afin de mettre en place une régulation qui protège nos missions et nos valeurs.

Pourquoi votre attachement à Enlight ?

ENLIGHT (alliance européenne de 10 universités dont notre établissement fait partie) est une opportunité majeure : ouverture internationale et interculturalité, mobilité étudiante et enseignante, projets communs en recherche, en formation et innovation pédagogique. Mais c’est surtout un espace où l’on peut réfléchir différemment, comparer nos pratiques et apprendre d’autres universités. Nous y sommes attachés parce que cette alliance peut renforcer notre capacité à innover dans la formation, la recherche et surtout dans la transition écologique et sociale. ENLIGHT est un levier et doit être une opportunité pour chacun de prendre du recul par rapport à nos pratiques.

C’est quoi l’éthique environnementale de la recherche ?

L’éthique environnementale de la recherche consiste à interroger l’impact écologique des activités scientifiques : consommation de ressources, usage du numérique, déplacements, équipements, production de déchets ou collecte de données. Elle vise à concilier l’exigence scientifique avec la responsabilité environnementale. Cela signifie réfléchir aux choix que nous faisons, aux alternatives possibles et à la manière de réduire nos impacts sans renoncer à la qualité de la recherche. Comme l’éthique en matière d’expérimentation sur l’homme ou sur les animaux, c’est une démarche d’exigence et non une atteinte à la liberté des chercheurs.